Lundi 16 avril, l’écrivain Sylvie Germain est venu au séminaire Saint Yves pour une soirée d’échanges avec les séminaristes, animée par M. Benoît Ruault, diacre et professeur de philosophie. Ponctués par la lecture de quelques extraits de ses œuvres, les échanges ont porté sur l’acte d’écriture ainsi que les sources d’inspiration de Mme Germain En effet, écrire peut être vécu comme une expérience spirituelle, l’écrivain entrant en résonnance avec le monde et la culture, en s’appuyant sur le support de l’imagination.

Quelques morceaux choisis, librement notés d’après les paroles échangées :

« L’imaginaire est comme une cuve de distillerie. Y sont brassés en nous tous les ingrédients cueillis par nos sensations, nos sentiments, notre mémoire aux confins de l’oubli, notre culture. Ce qui en sort est notre cuvée personnelle. »

Rapport à la mémoire : « convertir le regret des événements révolus en une forme de beauté, en gratitude. »

« La construction d’une identité est indispensable pour s’épanouir, mais afin de pouvoir passer à autre chose, pour mieux la dépasser. »

« Concernant la foi, à force d’avoir l’impression de tourner en rond, peut-être que l’on fait spirales. L’important est de ne pas se lasser de marcher. Lire du Etty Hillesum aide pour cela. »

« La beauté, l’amour, nous mettent dans un état d’oubli de soi, pour quelque chose de plus grand, un appel à la transcendance. »

« Dans la vieillesse, le corps reprend une vulnérabilité qui est au-delà du beau ou du laid. »

«  Les mains et les pieds sont le prolongement du visage : il disent l’être profond de la personne. »

 

Sylvie Germain a écrit une trentaine de romans et essais, dont Le Livre des nuits (Gallimard, 1985, prix Hermès 1984 ; prix du Lions Club International 1984 ; prix du Livre Insolite 1984 ; prix de Passion 1984 ; prix de la Ville du Mans 1984, prix Grevisse 1984), Jours de colère (Gallimard, 1989, prix Femina 1989), Immensités (Gallimard, 1993, prix Louis-Guilloux 1994), Les Échos du silence (Desclée de Brouwer, 1996 ; rééd. Albin Michel, 2006, prix de littérature religieuse 1997), Tobie des marais (Gallimard, 1998, grand prix Jean-Giono 1998), Magnus (Albin Michel, 2005, prix Goncourt des lycéens et prix Liste Goncourt : le choix polonais 2005). Elle est citée par le président Emmanuel Macron parmi d’autres écrivains catholiques dans son discours aux Bernardins du 09 avril 2018.