St Jean Eudes, création d’un séminaire, fruit durable de la mission

Si l’on peut dater au 8 mars 1670 l’institution canonique par Monseigneur de la Vieuville du Séminaire, pour la création duquel l’évêque de Rennes avait obtenu dès 1662 et fait enregistré des lettres patentes royales autorisant la création pour son diocèse d’un séminaire ; une maison et un jardin y était dès lors affectés ; on ne peut comprendre le sens de cet événement qui a conduit à confier au Père Eudes et à ses confrères la charge de cette Institution, si l’on oublie que cette fondation a eu lieu pendant une grande mission souhaitée par l’évêque et acceptée par Jean Eudes qui y avait mis des conditions afin qu’elle soit suffisamment longue pour qu’elle porte des fruits réels en particulier grâce à la présence de ‘confesseurs missionnaires expérimentés et qui ne seraient pas accommodants comme certains mais plus exacts dans l’accueil des confessions des pénitents’.

Que la mission porte des fruits réels et durables … Tel est le souci constant du P. Eudes qui l’amena à fonder un Institut en vue de la formation de ‘pasteurs selon le cœur de Dieu’… Institut composé de prêtres séculiers voués au ‘service des missions’ grâce auxquelles les coeurs étaient travaillés par la prédication, l’annonce de la grâce et du salut, l’appel à la conversion, la célébration de la pénitence et du sacrement du pardon ; Missions qui demandaient beaucoup d’énergie, de persévérance et d’abnégation dans la foi. Celle de Rennes commença difficilement le premier dimanche de l’Avent, le 1er décembre 1669, par un hiver précoce et si glacial que ‘certains missionnaires n’osèrent se mette en chemin’ pour la rejoindre.. elle allait durer 134 jours – la plus longue des missions de Jean Eudes… On y prêchait longuement, trois fois par jour, permettant ainsi aux gens de métiers et aux familles de se libérer pour entendre la prédication… Jusqu’à la clôture solennelle le dimanche de la Quasimodo 13 avril 1970.

  Le 8 mars, ce sont ces missionnaires qui quittèrent le palais épiscopal où ils étaient accueillis, pour aller habiter dans la demeure du nouveau Séminaire. C’est là que dorénavant les ordinands vivront quelques mois d’exercices spirituels pendant lesquels ils seront préparés, non seulement à recevoir les ‘ordres sacrés’, mais à exercer le mieux possible leurs ministères, accompagnés et formés par des prêtres qui, le reste du temps, se dévouent à l’exercice des missions dans le diocèse.

Quels fruits durables et réels peut-on espérer de ces missions si les prêtres  ne sont pas de ‘bons ouvriers de l’Évangile’, de véritables pasteurs et donc aussi de bons confesseurs et de bons prédicateurs. Sans cela, on ne peut espérer un véritable Renouveau dans les âmes chrétiennes alors blessées par les guerres de religion et les violences sociales qui secouent le Grand Siècle français. Telle est la conviction qui anime le cœur du missionnaire Jean Eudes et donne sens à son projet apostolique de prendre en charge les séminaires. Elle est inséparable de son désir de ‘former Jésus dans les âmes chrétiennes’ que ce soit par les missions, que ce soit par la dévotion au Cœur de Jésus et Marie ou encore par la Fondation des Sœurs de Notre-Dame de Charité pour les femmes blessées fondées à Rennes en 1673 et qui s’installeront sur la colline de Saint-Cyr non loin de l’actuel Séminaire jusqu’à aujourd’hui.

Père Hubert De Passemar, eudiste

Envie de partager la joie de la mission avec nous ? Venez vivre avec nous pour le jubilé des 350 ans du séminaire.

Nous vous attendons nombreux pour cet événement.

Cliquer ici : https://www.seminairesaintyves.com/jubile-missionnaire-pour-les-350-ans-du-seminaire/